L’ail des ours, des vertus curatives pour la sortie de l’hiver

14 avril 2018 / Christine Laurent (Reporterre)

En ce début du printemps, une belle surprise attend les jardiniers : l’ail des ours est sorti de terre, en dépit de conditions de sol peu favorables.

Nous devons rebrousser chemin à la gare d’Austerlitz et, en l’absence de train, troquer nos vélos pour la voiture. Quand nous arrivons au Jardin, il est presque midi. En quelques semaines, le soleil a gagné de la hauteur sur l’horizon. Les feuilles des framboisiers, cassissiers et groseilliers se déplient et déploient leur limbe vert tendre. Les boutons de fleur du pêcher éclosent. Il faudra attendre encore un peu pour que les bourgeons s’ouvrent, pour guetter l’état des jeunes feuilles, pour savoir si les soins apportés contre la cloque ont été suffisants.

Quand la photosynthèse redémarre, la production d’oseille et de pissenlit est rapide et nous pouvons faire nos premières récoltes. Mon attention est attirée par de longues feuilles lisses, comme celles du muguet. Je frotte mes doigts sur le limbe et respire l’odeur de l’ail des ours.

Se nettoyer l’estomac, les intestins et le sang 

Quelle belle surprise ! Non pas parce qu’il serait arrivé là par hasard, mais parce que je pensais qu’il n’avait pas survécu à sa transplantation ! Les bulbes de cette plante vivace de la famille des Amaryllidacées viennent du jardin des Fraternités ouvrières et m’ont été offerts en avril 2016 par Gilbert Caron, cofondateur avec sa femme, Josine, d’une association qui dispense cours et conseils en jardinage et arboriculture fruitière, pourvoit aux besoins en semences de ses adhérents en proposant quelque 6.000 variétés, ouvre grand sa bibliothèque aux curieux et à la visite sa remarquable forêt-jardin dont le sous-bois abrite un tapis de cette plante printanière. J’ai appris que l’association avait besoin d’aide pour pérenniser toutes les initiatives lancées depuis presque un demi-siècle !

Dans la nature, l’ail des ours pousse sur les prairies riches en humus, sur les alpages ombragés et humides, sous des buissons, dans les forêts de feuillus. Il préfère les sols plutôt basiques et argileux à notre sol un rien acide et tout à fait sableux. Pourtant, après deux années de vie souterraine, les bulbes semblent s’être acclimatés. Ils nous promettent de jolies fleurs sphériques.

Son nom tire son origine de l’usage qu’en font les plantigrades à la sortie de l’hiver. Après leur hibernation, ils cherchent cette plante riche en vitamine C pour se nettoyer l’estomac, les intestins et le sang. On découvre maintenant que les vertus curatives de l’ail des ours de nos contrées sont supérieures à celles de l’ail domestique originaire du Caucase !




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Source : Christine Laurent pour Reporterre

Photos : © Christine Laurent/Reporterre
. chapô : l’ail des ours du Jardin sans pétrole.

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