Le froid arrive, il faut prendre soin des insectes alliés

11 novembre 2017 / Christine Laurent (Reporterre)



Avec la baisse des températures et la réduction de la durée des journées, les insectes vont se mettre en pause, les nuisibles comme les auxiliaires. Ces derniers méritent bien un coup de main pour ne pas quitter le jardin.

Le froid est là. Avec la nuit le thermomètre descend en-dessous de zéro. Je regarde avec regrets les feuilles des cucurbitacées calcinées par le gel. Fini les courgettes qui inlassablement depuis juillet produisaient de nouveaux fruits à mesure que nous les cueillions. La verveine odorante a trouvé sa place entre le thym, la lavande et l’hysope, mais il me faut construire un abri pour tenir les racines au chaud. Dans l’immédiat, un bon couvert de feuilles fera l’affaire, mais ne suffira pas pour l’hiver. En prévision d’un échec, de nouvelles boutures ont pris place sur le bord de la fenêtre.

Les insectes volants qui ne peuvent trouver refuge dans la terre et n’ont pas encore pris la tangente vers des lieux plus cléments se cherchent une planque où pondre avant de s’éteindre.

Les coccinelles, les syrphes et les chrysopes 

Selon l’espèce, c’est au stade adulte, sous forme d’œufs, de larves ou de chrysalides que leur métabolisme s’arrête, induit par le raccourcissement des jours et/ou le froid annonciateur de la pénurie de nourriture à venir. La diapause est le nom de ce mécanisme d’adaptation qui leur permet de se mettre en veille jusqu’au printemps suivant. Elles ne se nourrissent plus, ne respirent presque plus, concentrent dans leur sang des molécules antigel. Ainsi la chrysalide de la piéride du chou attend sous les feuilles d’une crucifère, la pupe de la mineuse loge dans le fût d’un poireau, et les pucerons pondent leurs œufs à l’automne sur les rosiers, cardons ou toute autre plante jugée comestible et qui dépend de l’espèce. Il faudrait passer des heures dans le jardin à regarder à la loupe sous les feuilles de chaque plante pour déloger ces insectes dont on apprécie peu la présence…

Je préfère favoriser la riposte des auxiliaires en ménageant des lieux de vie pour nos chouchous, les coccinelles, les syrphes et les chrysopes, dont les larves dévorent les pucerons, les perce-oreilles omnivores tout terrain qui mangent les acariens et les larves de toutes sortes d’insectes et bien sûr les bourdons, les abeilles solitaires et autres pollinisateurs. Des tas de branches mortes, des tiges creuses ou à moelle, des pots en terre remplis d’herbes sèches et retournés sur le sol suffisent à les retenir sur place. Les oiseaux feront le reste. Dans un potager plus policé, on peut aussi installer un hôtel pour ces hôtes de marque.




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Lire aussi : Même les insectes qu’on n’aime pas sont nécessaires

Source : Christine Laurent pour Reporterre

Photos : © Christine Laurent/Reporterre sauf
. chapô : un « hôtel à insectes ». Pixabay (CC0)

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