Relevez les dix défis estivaux écolos lancés par Reporterre !

28 juillet 2018 / Lorène Lavocat (Reporterre)

Au moment où Reporterre fait la pause pour quatre semaines, nous vous proposons de relever un ou plusieurs défis écolos. Puis, si vous voulez, de nous raconter. Bonnes vacances !

Une envie de sieste vous tenaille, un parfum iodé chatouille vos narines, vos pieds frétillent à l’idée de parcourir des sentiers. Bref, les vacances débarquent ! Reporterre se met en pause au mois d’août, mais pas d’inquiétude, on ne vous abandonne pas. La rédaction vous lance dix défis écolos à relever pendant les prochaines semaines. De quoi pimenter vos congés et alimenter les repas de famille. Choisissez celui ou ceux qui vous stimulent le plus, et n’hésitez pas à nous faire des comptes-rendus détaillés de vos prouesses, à envoyer à planete (at) reporterre.net. Nous publierons un édito des lecteurs spécial à la rentrée. Bel été, bonnes vacances !

FI no 1. Cuisiner des algues… ou des épluchures

Un peu gluant… mais appétissant ! Comme le diraient les sages Timon et Pumbaa dans le dessin animé Le Roi lion, manger des algues, « pas de soucis : hakuna matata ». Riches en vitamines et oligoéléments, elles sont bonnes pour la santé. Et à condition de suivre quelques recommandations, on peut les récolter lors d’une balade sur la plage, avant de passer aux fourneaux. En tartare ou en fromage, il y en a pour tous les goûts !

Et si vous n’êtes pas au bord de la mer cet été, don’t worry, on a la solution : les épluchures. Oui, les pelures de carottes et de courgettes que vous jetez négligemment à la poubelle ou au compost peuvent se révéler délicieuses une fois cuisinées. Pesto de fanes de carottes, peau de pastèque confite, chips d’épluchures, omelette de tiges de betteraves. On joint ainsi l’utile à l’agréable : réduire ses déchets tout en découvrant de nouveaux plats !

FI no 2. Se passer de shampoing

Comme vous le racontait Reporterre, se laver les cheveux n’est pas sans risque. Entre produits irritants, allergisants et perturbateurs endocriniens, nombre de shampoings sont plus lessivants que lavants. Profitez de l’été pour tester nos alternatives ! Version « fond de placard », avec un mélange « œuf - bière - rhum » , ou version « Cro-Magnon » avec une recette de shampoing sec à base d’amidon d’argile. Non testé par la rédaction, mais chaudement recommandé par Ophélie, auteure du blog Antigone XXI, le « no-poo » (pour « no shampoo ») : ici, plus besoin de gel douche, place à la fécule (de maïs ou de pomme de terre), à un bon coup de brosse et quelques passages sous l’eau claire !

FI no 3. Faire un jeûne (ou manger moins de viande)

Et si le jeûne était une méthode simple et efficace pour regagner en vivacité et en santé… Non, pas le jeune branché sur son smartphone à dévorer des vidéos, mais le jeûne : l’arrêt total de l’alimentation sur une période de quelques jours. L’idée provoque souvent une sorte d’étonnement, teinté d’inquiétude. À la rédaction, nous sommes mêmes très partagés quant à l’utilité de cette diète alimentaire — d’autant plus quand la saison se prête aux glaces à la pistache et aux clafoutis aux abricots. Mais voilà, les indices s’accumulent, comme ce témoignage publié sur Reporterre d’une personne guérie d’une maladie chronique par un jeûne thérapeutique. Alors, pourquoi ne pas essayer ? Les plus audacieux d’entre nous pourront même se joindre au jeûne international pour l’abolition des armes nucléaires, du 6 au 9 août prochains.

Si l’idée de ne plus manger vous noue l’estomac, nous avons une autre proposition : mettez l’été et ses tomates juteuses à profit pour diminuer votre consommation de viande ! L’essayiste Sarah Bienaimé vous guide pas à pas dans cette petite révolution alimentaire, bénéfique pour vous et pour la planète.

FI no 4. Marcher pieds nus

Ras-le-bol du dilemme quotidien de la paire de chaussures la plus adaptée ? Marre de parcourir des magasins surclimatisés en quête du soulier parfait (mais fait par des ouvriers mal payés à l’autre bout du monde) ? Nous avons la solution ! Enfin pas nous, Reporterre. Mais les Allemands : toujours en avance de plusieurs pas, ils se sont mis à la marche pieds nus. Et vous savez quoi ? Ce serait bénéfique pour le corps et pour l’esprit ! Outre-Rhin, des chemins ont même été conçus pour varier les sensations plantaires en alternant sable, argile, pommes de pin, mousse, copeaux de bois, galets et même verre poli. Chez nous, on peut s’essayer à cette pratique sur le sable chaud de la plage (fastoche) ou sur les sentiers forestiers.

FI no 5. Faire des balades naturalistes

Que vous soyez en ville ou à la campagne, à la mer ou à la montagne, c’est le moment de prendre votre carnet, un appareil photo et des jumelles (si vous en avez). Objectif : guetter la libellule ou la chauve-souris, reconnaître le millepertuis, écouter les grenouilles. Bref, faire une balade du naturaliste ! Pour vous guider, retrouvez notre dossier thématique, et consultez le site de la Ligue de protection des oiseaux, qui répertorie toutes les sorties nature organisées en France. À vos marques, prêts, observez !

FI no 6. Vivre sans chaise

Lui aussi marche et court sans chaussure… mais il fait bien plus ! À Reporterre, notre gourou s’appelle Sylvain Griot, un adepte de « l’usage naturel du corps ». Et dans la série « revenir à l’essentiel », il propose de… nous débarrasser des chaises. « L’être humain n’a aucunement besoin de chaise pour se reposer, manger, lire, travailler, déféquer, explique-t-il sur notre site. Dans la majorité des sociétés encore non occidentalisées, la station de repos qui s’impose avec évidence reste bel et bien l’accroupi. » À l’inverse, la perte de souplesse permettant cette faculté naturelle peut favoriser l’émergence de nombreuses complications : difficultés à accoucher, hémorroïdes, cancer du côlon, constipation, appendicite, prostatite, douleurs lombaires.

Si vous vous sentez aussi souple qu’un vieux chêne, pas de panique ! Il semblerait qu’un peu de patience (Sylvain Griot est parvenu à l’accroupi confortable au bout de trois ans) et quelques exercices de stretching suffisent à détendre nos genoux récalcitrants.

FI no 7. Cultiver votre jardin sans pétrole

Quoi de mieux que les vacances pour passer au jardin ! Bon d’accord il fait chaud… mais le matin, à la fraîche, ou le soir au crépuscule, le potager estival se transforme en paradis gourmand, un Éden aux mille délices. Courgettes, tomates et framboises tiennent le haut du tableau, mais laissez-vous surprendre par la délicieuse amarante verte ou le cassis miraculeux. Le temps est aussi aux tisanes, glacées de préférence : glanez la menthe et la marjolaine ! Un breuvage à siroter à l’ombre d’un pommier, en (re)lisant les chroniques du jardin sans pétrole.

FI no 8. Débrancher le frigo

Non, mais ça ne va pas la tête ? On vous rassure, point de coup de chaud sur nos cerveaux. À Reporterre, on est sérieux : l’été est un très bon moment pour tenter de (sur)vivre sans réfrigérateur. Pourquoi cette idée saugrenue alors que nous vendrions père et mère (ou presque) pour une citronnade bien fraîche ? Parce que notre frigo est le principal poste de consommation d’énergie dans nos foyers. S’en passer, c’est donc réduire significativement notre empreinte écologique. Et en plus, ce n’est pas si compliqué ! Vous pouvez fabriquer un frigo en pots de terre, vous essayer à la lactofermentation et même profiter du soleil pour faire sécher vos aliments.

FI no 9. Tester l’amour écolo

La chaleur torride du mois d’août vous donne des idées ? Reporterre vous propose de conjuguer libido et écolo. D’abord, en cherchant l’amour sur un des (nombreux) sites de rencontre entre fans des petits oiseaux. Ensuite, en optant pour des sex-toys, lubrifiants, préservatifs sans perturbateurs endocriniens. Il ne s’agit pas d’être rabat-joie ni de prôner, après les bougies, le retour aux ceintures de chasteté, mais de prendre quelques précautions pour plus de plaisir ! Car ces vilains perturbateurs n’ont rien d’excitant : ils pourraient être à l’origine de la hausse de troubles de la fertilité observés depuis quelques années.


FI no 10. Réduire votre empreinte carbone

Dit comme ça, on a plus l’impression d’une corvée façon devoir de vacances que d’une activité fun à expérimenter entre deux baignades. « Réduire son empreinte écolo » rime avant tout avec « pas rigolo ». Et pourtant ! Voici au moins trois bonnes raisons de tenter l’expérience : ce n’est pas si difficile ; ça fait du bien de se sentir acteur de la lutte contre la crise écologique ; et mine de rien, c’est très utile, puisque si l’ensemble de la population mondiale vivait comme un Français moyen, il faudrait 2,8 planètes. Vous êtes convaincus ? Alors lancez-vous ce défi en famille ou entre amis… Notre journaliste est passée de 2,83 à 1,46 planète en une semaine, grâce à de multiples petites astuces. Et vous, votre empreinte sera-t-elle plutôt taille moineau ou taille géant ?



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Source : Lorène Lavocat pour Reporterre

Photos :
. chapô : Pixabay (CC0)
. laminaire : © Ambre Lefèvre/Reporterre
. shampoing : Pixabay (CC0)
. vache : © Le Cil Vert/Reporterre
. pieds nus : © Sébastien Millard/Reporterre
. accroupis : © Camille Oger/LeManger.fr
. cassis : © Christine Laurent/Reporterre
. frigo : © Marie Astier/Reporterre
. rencontre : © Red !/Reporterre
. globes : Université de Cambridge

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